jgc-nbJean-Gabriel Charrier est le rédacteur en chef du site mentalpilote.com. Sa carrière aéronautique fut riche et l’a amené à approfondir les questions qui ont trait à la performance du pilote, en particulier les facteurs humains. Son point de vue sur l’usage des cameras d’action en planeur mérite d’être versé au dossier sécurité.

Avez-vous des retours d’expérience et des préconisations sur l’usage des caméras d’action dans l’aviation légère ?

JG Charrier : je n’ai pas de connaissances particulières sur ce sujet. Je vois que tu as pas mal défriché la démarche, et les précautions à prendre. Pouvoir récupérer des images, c’est top, mais pas n’importe comment.

Mon approche serait de voir un aspect technique, déjà évoqué dans les articles du site (bigday.eu), je ne rentre pas dans le sujet. Nous avons ensuite une approche comportementale : la présence de la caméra peut elle modifier mon comportement ?

Si je raisonne en gestion des menaces, une fois les aspects techniques (procédural) résolus : éviter de … prendre garde à … procéder comme suit … on s’intéresse donc au pilote.

Le pilote peut ressentir une pression personnelle pour faire de belles images. Une pression qui va entraîner une attitude, c’est-à-dire une manière d’agir qui pourrait le pousser à prendre quelques risques. Mais c’est valable dans beaucoup d’autres situations, comme la compétition. On pourrait dire qu’un jeune pilote impétueux aura envie de filmer ses exploits, synonymes de prise de risques. C’est possible, on n’y peut rien. Les impétueux n’attendent pas une caméra pour faire monter l’adrénaline, même si cela peut faire pencher la balance du mauvais côté ; mais alors, il faudrait tout interdire !

Un autre cas peut poser question. Ce sont les jeunes pilotes. Là j’émettrai quelques réserves, ou du moins quelques interrogations. La particularité d’un pilote débutant est qu’il est techniquement et psychologiquement fragile. Le moindre aléas peut le fragiliser encore un peu plus et du coup impacter ses ressources (stress…). C’est pourquoi les instructeurs les surveillent de près et cadre leur activité avec des consignes précises (aseptisation des menaces). Partir avec une caméra pourrait peut-être, soit les « distraire », soit générer une pression inutile. Maintenant, si ce sont des caméras embarquées qui font partie du paysage depuis le début de la formation, la pression ne sera peut-être pas là ?

Propos recueillis par Thierry Nauleau.

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