La fixation de la caméra est un point essentiel de la sécurité du vol. Les deux utilisations les plus courantes vues dans les vidéos amateurs sont la ventouse et la perche.

Utiliser la ventouse ou une fixation spécifique ?

La ventouse présente l’avantage d’être repositionnable, mais son effet de succion peut-être rapidement dégradé si le support n’est pas lisse et plat. Par ailleurs les variations importantes de température, combinées à l’effet mécanique du vent relatif sur le support peuvent aussi conduire à son décollement. Pour le cas des avions remorqueurs, les vibrations sont elles aussi soupçonnées de participé au manque d’efficacité d’une ventouse.

Son installation à bord ne résous pas tout. On est alors confronté à la question de l’encombrement.  Les contraintes imposées par la voltige en planeur apportent quelques solutions. Nicolas Bernollin, chef pilote à Buno, nous parle de son expérience des prises de vues en voltige planeur : « l’utilisation de la ventouse dans les biplace en voltige, c’est dangereux. Car dès que l’on dépasse le facteur de charge supporté (et ça se produit toujours quand il ne faut pas), ça se barre, donc nous on fixe à demeure. Nous utilisons le support d’origine avec l’adhésif 3M (visible sur la photo de couverture de cet article).  La phase scotch sur un champignon maison ça ne marche pas non plus ».

Il existe différents supports, plats ou incurvés, quelques soit la marque de la caméra, Drift, GoPro, Sony, etc. Vous trouverez des fixations adaptées avec des adhésifs puissants. C’est la solution employée par les équipes de tournage professionnelles. Il faut prévoir le temps de nettoyage après avoir enlevé très délicatement le support.

La perche, le dilemme

Même si la plupart des pilotes qui ont utilisé une perche de prise de vue en vol sont d’accord pour dire qu’ils n’ont pas senti d’effet mécanique puissant aux vitesses de finesse max (de 80 à 100 km/h selon les planeurs), nous sommes nombreux à être d’accord sur le fait que cette pratique n’est pas sans danger pour l’intégrité de la verrière.

crédit photo Sylvain Lopez
crédit photo Sylvain Lopez

Pourquoi utiliser la perche ? Pour avoir un angle de vue extérieur. Mais si le résultat est satisfaisant pour une photo, c’est différent pour une vidéo. Inspirons-nous des professionnels qui font des images depuis un autre aéronef. Ou bien utilisons une fixation sur l’aile qui donnera plus de recul et soulagera le pilote d’une charge de travail supplémentaire. Bref, nous préconisons de bannir l’usage des perches extérieures.

Quels emplacements pour la caméra ?

Le choix de l’emplacement doit être guidé par le cadrage, et donc par le choix du sujet à filmer. En voltige, ce qui est intéressant de filmer, ce sont les réactions du passager, et donc la caméra doit être placée de façon à bien voir le visage du passager. Sur le DG500, le dessus du tableau de bord s’y prêt bien, mais sur l’ASK21 la poignée de largage de verrière vous en empêchera.

Les belles images sont celles où l’on peut voir le planeur dans son environnement. Les extrémités d’ailes ne posent pas de problème particuliers. Placée devant les aérofreins, vous verrez mieux le cockpit mais quoi qu’il en soit, Olivier Larroudé nous avait déconseillé de placer une caméra à moins de 4 mètres de l’emplanture.

crédit photo Ollivier Larroudé
crédit photo Olivier Larroudé

Le montage au sommet de la dérive, avec un adhésif adapté ne perturbe pas non plus le pilotage, cela ne vaut que pour les actions cam dont le poids et l’encombrement sont réduits. Cela parait évident mais il est bon de rappeler qu’il faut éviter de couvrir une prise de pression statique avec un support…

Sachez que si la turbulence générée par la caméra et son support semblent négligeables pour un planeur en plastique, les planeur en bois et toile y sont très sensibles. La toile en apparence tendue peut se mettre à osciller. Évitez soigneusement toute position en amont d’une partie entoilée.

Enfin  quelle que soit votre expérience, faites vérifier votre installation avant le décollage par une personne expérimentée dans le montage de planeur, ou votre instructeur.

Et les assurances dans tout ça ?

Voici un rappel réglementaire qui doit être connu des pilotes vidéastes. Une caméra ou autre dispositif ajouté sur un planeur (sur un aéronef), constitue une modification qui doit être approuvée par le constructeur. Tout incident ou accident survenu alors que le planeur est équipé d’une caméra d’une façon qui n’a pas été prévue par le constructeur n’est pas couvert par les assurances.

Mais si l’installation des caméras n’est pas approuvée par le constructeur,  c’est également le cas des flarms et des cadres de visualisation pour la voltige. Lorsque ces dernières sont présentent sur les planeurs, elles sont vissées sur des supports fixes. La fixation de caméra avec un adhésif fort est ce qui s’en rapproche le plus.

Comme pour la sécurité et la bonne réalisation du vol, le vélivole doit anticiper les événements qui peuvent survenir et leurs conséquences.

La réunion consacrée à ce sujet le 22 novembre dernièr à Buno-Bonnevaux a montré que le sujet a besoin d’être traité sur le fond et que la connaissance en la matière doit être partagée et diffusée. C’est ce que nous ferons et que nous vous invitons à faire. Vous pouvez déposer articles et témoignages sur le site ou la page Facebook, ou encore par email.

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