Le vol à voile n’est pas que performance. Il est aussi poésie et élégance lorsque le rassemblement Dédale réuni des pilotes venus de toute la France le week-end du premier mai. Cette année, c’est à Buno que ces pilotes sur leur drôle de machine se sont donnés rendez-vous. Éric Mercier[1] ne pouvait pas manquer ce rendez-vous dans son club et c’est avec un réel plaisir que je l’ai interviewé pour un film de vol à voile.

DÉDALE se pose à Buno from Eric Mercier – VIDEOTRACKS on Vimeo.

Tout comme les planeurs de Dédale nous invitent à un voyage dans le passé, l’ambiance du film, et en particulier la musique choisie par Eric installe une atmosphère ouatée, en harmonie avec l’élégance des planeurs anciens.

C’est à mon sens le point fort de ce film. La musique sublime les images. Les commentaires amènent à comprendre, les témoignages recueillis transpirent la passion. Eric a bien voulu partager quelques conseils pour réaliser des films qui dépassent le concept du clip vol à voile.

Eric, quelle est l’importance de la bande son par rapport au sujet d’un film ?

Quand on réalise un film, la qualité des images est essentielle, mais le son aussi évidemment. On peut apporter une touche supplémentaire aux images par l’illustration sonore, et l’ambiance que cela confère au film.

Comment y parvenir ?

J’essaie de faire coïncider le rythme du montage au rythme de la musique. Le but est de faire passer une sorte de sentiment. Sur ce film, je voulais mettre au départ une musique années 50/60, mais finalement celle-ci est plus adaptées aux images. Pour celle que je voulais au départ, il aurait fallu des images plus rapides, un montage plus rapide. Je voulais laisser de la place aux images, et qu’on ait le temps d’écouter la musique.

Cela donne un film à l’ambiance décalée…

Ce qui fait la force d’un film. Il faut aussi qu’il se démarque. Partout sur internet on voit le côté sportif, rapide du vol à voile, avec les musiques modernes.

Avec les planeurs en bois et toile et ceux de l’époque du début de la fibre, il fallait trouver un autre ton. Les voix de la bande son nous mettent dans le rêve. Évidemment, on plonge dans le passé, avec des vieux planeurs. Pour être en accord avec les machines présentes, il fallait trouver un compromis entre le moderne et l’ancien.

Après j’alterne la musique, la voix off, la musique, les impressions des pilotes et des spectateurs.

Mais les pilotes ne sont pas toujours à l’aise avec les interviews ?

Non. Quand on amène une caméra, les gens se bloquent souvent. Là, j’ai posé ma caméra au sol, donc les pilotes l’oublient et ils parlent.

Quels conseils donnerais-tu pour une première insertion de voix off ou de son direct sur un film amateur ?

En ce moment je fais le montage de l’amicale Salis. J’ai quinze pages écrites pour la voix off. Une épopée de l’aviation. Je mets mes images par-dessus mes commentaires.

Les journalistes travaillent différemment. Ils recueillent des images et en rédaction, ils commentent ce qu’ils ont filmé. Je fais le contraire. J’écris la voix off et je montre de quoi je parle.

Le film Dédale s’est improvisé quelques jours à l’avance. Au dernier moment le chef pilote m’a demandé de venir. Je suis venu trois jours. J’ai fait mon stock d’images et j’ai pu écrire l’histoire. Mais je n’avais pas d’écriture ni de préparation particulière.

Témoignage recueilli par Thierry Nauleau. Crédit Photos Éric Mercier.

[1] Eric est également le réalisateur des films du meeting de la Ferté-Alais. Et accessoirement, il est redevenu pilote de planeur.

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