Olivier LarroudéAncien cadre formateur de Saint-Auban, Olivier Larroude, vole à Nogaro. Il a réalisé un film clip qui donne envie d’aller voler dans les Pyrénées. Ce film présente quelques images de la saison 2014 et il est intéressant du point de vue esthétique.

Il était tout aussi intéressant d’avoir le point de vue d’Olivier sur l’usage de ces caméras qui permettent de montrer notre sport.

Olivier, quelle a été ton inspiration pour cette réalisation ?

Je l’ai fait avant tout pour garder des souvenirs. Initialement je voulais faire quelques séquences au sol pour faire une présentation du club, mêlées à des images de vol à voile, mais c’est une activité qui réclame beaucoup de temps et je n’ai pas pu filmer tout ce que je voulais.


Avec quelle caméra filmes-tu ?

J’utilise une GoPro3+ et aussi une Sony HD pour les scènes au sol.

Et quel logiciel de montage utilise-tu ?

J’ai commencé avec Windows Movie Maker mais le logiciel n’est pas puissant et le résultat pas toujours à la hauteur des attentes. Ensuite je suis passé à Video Pad, gratuit mais ce n’était pas encore ce que je cherchais. Puis je suis passé à Adobe Première. Les capacités du logiciel sont intéressantes mais ce n’est pas très intuitif. Enfin je suis venue à sa version plus grand public qu’est Adobe Première Element 12. C’est puissant et assez convivial quand on a utilisé les autres logiciels.

Combien de temps t’a pris ce projet ?

Pour le montage seul, j’ai passé deux journées, soit environ une dizaine d’heures.

A quelles difficultés as-tu été confronté ?

La musique. Il faut trouver la bonne et aussi faire une bonne synchro avec les images et ce n’est pas évident. Pour la musique, j’utilise Free YouTube Downloader, mais j’ai vu sur le site des Big Days la plateforme Jamendo qui a l’air pas mal et bien fournie.

Pour monter mon film, je pars toujours de la musique. J’ai aussi une banque d’image énorme d’au moins 20 heures. Il m’a fallu du temps pour sélectionner les bons plans.

crédit photo Ollivier Larroudé
crédit photo Ollivier Larroudé

Comment as-tu choisi les emplacements de la caméra sur le planeur ?

J’ai utilisé le bout d’aile, le sommet de la profondeur et derrière le cockpit. Le truc est qu’il ne faut pas mettre de caméra à proximité de l’emplanture car cela génère des turbulences qui vont jusqu’à la profondeur. Il faut que la caméra soit écartée d’au moins 4 mètres du fuselage.
Avec la GoPro en bout d’aile, montée sur une ventouse, si on lâche les commandes, on voit à peine un dérapage. Je mets systématiquement du scotch toilé sur mon montage pour éviter les problèmes de tenue pendant les vols de 6 heures dans le froid et en altitude.

6 heures avec une caméra ! Comment fais-tu pour l’autonomie ?

J’ai ajouté une batterie supplémentaire au dos et je pilote la caméra avec un IPad, on le voit dans le film. Je déclenche seulement quand il y a des images intéressantes. La GoPro 3 consommait beaucoup d’énergie avec le Wifi, ça va mieux avec la 3+. Au bout de 4 heures on perd le wifi mais il reste assez d’autonomie pour filmer le reste du vol.

 

Quel est ton point de vue sur l’usage de ces caméras en vol à voile ?

Je pense qu’il y a un problème de compétences et de méthodes. Le cas de l’accident du Marianne au Puy en est l’illustration. La caméra en elle-même n’est pas dangereuse mais elle incite à aller au-delà de ses limites. Elle induit un problème de comportement. Il y a une certaine euphorie à l’idée de faire des images fortes.

Il y a un manque de sensibilisation à la sécurité et au sens de la responsabilité du pilote qui se filme. J’ai bientôt 60 ans et je n’ai pas envie de faire des images de fou. Mes images sont belles sans être spectaculaires. Le problème des vidéos est que l’on cherche à faire des images spectaculaires.

Quelles sont tes préconisations vis-à-vis de la sécurité ?

La caméra en elle-même n’est pas dangereuse mais son usage impose un état d’esprit. Il faut être bien conscient de ses limites et de celles du planeur. Il faudrait sans doute une formation avec des exemples. Exposer les risques et les conséquences. Il faut faire comprendre qu’on ne peut pas faire n’importe quoi.

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Comments

  1. Thierry Nauleau

    Hello, pour ceux que les montages intéressent, on voit l’ombre de la caméra et son support à 2’30 »
    TN

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