Ascension from Julien Jauffret on Vimeo.

Avant de nous parler de ton film, raconte nous un peu ton parcours.

Julien JauffretJulien Jauffret : Eh bien voila, avant de rentrer dans une école de cinéma j’ai été apprentis mécanicien avion pendant 3 ans chez Air France Industries sur le Boeing 777, puis 6 mois chez Airbus à Toulouse. Mes premiers salaires chez Air France m’ont permis de m’acheter une camera et un ordinateur pour faire des petits court-métrages dans mon coin. Puis pendant mon passage chez Airbus j’ai réfléchi et me suis réorienté vers le cinéma, et me voila.

Comment t’es venu l’idée de ASCENSION ?

Après avoir réalisé le film ASCENDANCE en Juillet 2014 à Buno-Bonnevaux j’ai eu envie d’aller plus loin sur le monde des planeurs et de l’aéronautique en générale. Une fois que j’avais le thème et l’environnement dans lequel le film allait se passer, j’ai écrit un scénario incluant deux personnages liés aux avions. Pour résumer, j’ai voulu lier mon passé et mon présent dans ce film.

Comment prépare t’on un film comme celui la ? Et combien de temps ça prend ?

La préparation à été simple et difficile à la fois… Simple parce que j’avais déjà expérimenté l’univers du vol à voile sur ASCENDANCE, du coup je savais déjà ce que je voulais et comment l’obtenir. La difficulté s’est trouvée dans le fait qu’il a fallu imbriquer les planeurs et l’aérodrome dans la dynamique d’un tournage.

ascension_tournage

Dans un premier temps, nous avons déterminé le style visuel du film avec le directeur photo, c’est à dire prévoir les plans et la lumière qu’il nous fallait bien avant le jour J. Il nous a fallu un mois et demi de préparation pour résoudre tous les problèmes liés aux prises de vues et à l’organisation du tournage… Et ils étaient nombreux ! Nous avions cinq jours de tournage pour boucler ce film et pas un de plus. Le premier jour était dédié aux prises de vues pour l’intro et le générique, puis les jours 2 et 3 pour Buno. Il fallait donc qu’on puisse tourner les scènes du hangar, de la piste et du vol sur deux jours avec une équipe de dix-huit personnes, deux comédiens et tout ça dans les meilleures conditions.

Il a donc fallu résoudre très vite la manière dont nous allions filmer les scènes pour savoir par exemple de quelle partie des hangars nous avions besoin, quel avion serait nécessaire pour faire les prises de vues extérieures lors du vol et surtout comment filmer un comédien dans un cockpit sans voir le pilote juste derrière lui et tout ça en toute sécurité.

Bref, à force de réunions et de discussions avec l’équipe du film et le staff de Buno, nous avons réussi à tout tourner sans aucun problème.

Comment se sont passés les prises de vues aériennes ?

Le jour du tournage, une grosse perturbation nous avait obligé à repenser notre plan de travail et finalement en fin de journée, le soleil est revenu entre de beaux cumulus. Une aubaine pour faire des images ! Nous avons alors entamé un briefing pour mettre à plat les images que je voulais et ce que les pilotes devaient faire. La préparation et la synchronisation ont été la clé pour les pilotes afin de pouvoir réussir les images que nous voulions.  Le pilote s’est alors embarqué dans l’ASW 28-18, habillé comme le comédien. Un autre avion embarquait Jean-Thomas Miquelot, notre directeur photo et cadreur. Tout s’est passé à merveille grâce à cette équipe de choc et le résultat était au dessus de mes attentes ! Le lendemain après midi, il nous restait plus qu’a tourner la scène juste avant le décollage et le montage à fait le reste.

Quelle camera as tu utilisé pour faire le film ?ascension_redcam

Nous avons utilisé principalement une RED Scarlet 4K pour les images au sol et en vol, et une BlackMagic 4K fixée dans le cockpit du biplace pour les images du comédien. Pour donner un ordre d’idée, la RED est une camera très utilisée pour des grosses productions cinématographiques, comme House of Cards ou Gone Girl par exemple. C’est l’outils rêvé pour faire des images en vol !

Comment se passe la post-production pour un film ?

Nous avions 820 GO de rushs images et 9 GO de rushs son à traiter et à monter. J’ai ensuite monté plusieurs versions du film, puis lorsque le montage était bon nous avons lancé le mixage son, qui consiste à rendre les dialogues, les bruitages et les musiques parfaitement harmonisées et audibles pour le spectateur.

Puis vient l’étalonnage, qui consiste à traiter les images pour qu’elles correspondent au style du film en modifiant les couleurs ou le contraste par exemple.

Quel est ton meilleur souvenir à Buno ?

En dehors du tournage qui fut vraiment génial avec mon équipe et celle de Buno, je dirais que c’était mon premier vol à bord du Duo-Discus ! C’est la que j’ai compris que le planeur était une discipline vraiment extraordinaire qui se mêle parfaitement avec un style cinématographique.

ascension_team

As-tu des projets aériens après ce film ? 

Oui ! Je compte faire d’autres films autour des planeurs et de l’aviation en générale. Ce milieu me passionne toujours autant et maintenant que j’ai les outils pour le montrer j’ai envie d’en filmer toujours plus. Je pense peut être faire un documentaire sur le vol à voile à Buno. En tout cas j’en ai pas fini avec les avions !

Propos recueillis par Benjamin Mir.

La chaine Viméo de Julien Jauffret

Photos de : Josephine Pons

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