Après le sujet de la semaine dernière consacré au tournage, Éric Mercier nous parle des particularités du montage du temps des hélices 2016.

Les images du film baignent dans une ambiance qui colle bien aux avions. Où puises-tu ton inspiration ?

Éric Mercier : LE TEMPS DES HÉLICES est une grande manifestation à voir en famille ou entre amis. Un lieu de rencontre dans de grands espaces où les visiteurs admirent des avions mythiques. Donc c’est la découverte qui est le fil conducteur et c’est le sujet principal à traiter. L’illustration sonore, ou musique d’ambiance, aide beaucoup et doit être au rythme des images. Il y a des moments calmes avec la visite des ateliers, l’exposition statique ou des passages plus rapides comme par exemple la simulation de bombardement des T-6 ou les avions du Vietnam.

Pour le traitement des images, je me suis approprié un style personnel. Une sorte de signature avec l’utilisation de quelques filtres. Je traite les plans vidéo comme une photo. C’est une règle que l’on doit appliquer tout le long du film. Je penses que certains réalisateurs s’approprient une marque de fabrique. Par exemple Jean-Pierre Jeunet à un style reconnaissable au premier coup d’œil. Il donne une ambiance à ses images, une tonalité des couleurs que l’on va retrouver dans des films aussi différents qu’Amélie Poulain ou Alien IV.

Il faut utiliser les transitions avec parcimonie. Il ne faut pas y mettre tout le catalogue du logiciel. Il faut trouver celle qui va bien et reprendre la même pour tout le film. Pour ma part je n’en utilise que très peu pour changer de paragraphe. La plus simple est souvent la meilleure. La transition franche. Rien de pire pour cataloguer un film d’amateur que d’utiliser les transitions avec des formes géométriques. Mais rien n’interdit de trouver votre style et de la personnaliser.

Pour le meeting, le thème évoqué est celui de l’aviation ancienne. J’ai trouvé le style qui va avec, mais avec des nuances plus ou moins accentuées en fonction des présentations. En 2015, le focus portait sur guerre du Vietnam. J’ai donné un effet de couleur délavée à la manière d’une photo polaroid qui aurait mal vieillie, mais léger. Il ne faut pas abuser des effets. Dans un documentaire, il faut que l’image rendue soit belle.

Dans l’introduction du film, j’ai placé la séquence des pionniers de l’aviation. J’ai dégradé volontairement en passant manuellement par plein d’artifices les images du Morane G, du Caudron G3 et du Blériot. Pour bien coller à l’ambiance de l’époque… Et que cela reste crédible aussi.

Quelles sont les règles importantes pour réaliser un bon montage ?

D’abord écrire un scénario. On filme ce que l’on a écrit. Ensuite être patient, c’est des heures de boulot si on veut sortir le film tel qu’on le souhaite. Être méthodique dans le dérushage. Par exemple le yak du Normandie-Niemen. J’ai différentes images sur l’avion. Je fais un dossier ou je mets toutes les images du yak au sol, puis un dossier GoPro avec les images du yak en vol. J’ai aussi ma narration déjà écrite. C’est comme en cuisine. Je réuni les ingrédients et ensuite je fais un plat. Après c’est la partie technique qui est propre à la machine. Quand on commence à faire des longs films il ne faut des espaces de stockage volumineux. La vidéo c’est très gourmand en capacité. Je ne monte pas en 4k car pour l’instant mon Imac de 27 pouces n’a pas la configuration requise pour traiter de telles images. Comme c’est pour une exportation en DVD en 725 lignes Le full HD (1080 P) est suffisant.

Ensuite, il faut alterner au montage les axes de prise de vue avec des valeurs de plan si possible différent (plan large, plan serré, plan d’ensemble) L’enchainement est plus dynamique et ça rend la séquence intéressante. On commence par exemple par un plan d’ensemble pour présenter l’environnement, puis ont resserre sur l’action d’un personnage, un avion au sol, un décollage, en vol, puis la GoPro en bout d’aile, et après dans le cockpit, on revient sur l’avion filmé du sol…Etc. C’est important de diversifier. Je respecte mes rapports de plans. J’assemble les scènes, je recadre si besoin, j’ajoute mes filtres perso de tout à l’heure, j’intègre la bande son. Pour l’essentiel c’est cela.

Donc pour les pilotes qui voudraient diffuser leur film sur les plateformes en ligne, quelle résolution conseilles-tu d’utiliser ?

En Full HD 1080p (1920 pixels X 1080 pixel) ou en 720p (1280 pixels X 720 pixels), et le tout en MP4 c’est un très bon compromis pour internet et réduire la taille du fichier sans dégrader l’image.

Quand tu écris le film as-tu déjà en tête le rendu final ?

Oui c’est important. Comme on dit… je me fais des films, il faut se faire des films quand on est rêveur ! Si on peut mettre en image ce qu’on a dans la tête, c’est super. Comme je le disait, ça commence par une feuille blanche et noter ses idées, ses envies avec ses possibilités en fonction des moyens mis à disposition.

Pour la musique du film, tu utilise une musique originale de Patrick Martens. Est-ce que c’est plus facile que d’utiliser des musiques déjà composées ?

C’est plus facile d’utiliser des musiques déjà composées que l’on trouve sur internet dans des banques de données, mais en général elles restent très chères, à part un site qui propose de bons morceaux dans tous les thèmes disponibles pour une cinquantaine d’euros. Patrick compose en postprod devant les images que je lui transmets. L’avantage c’est que ses morceaux seront exclusifs. On ne les retrouvera pas ailleurs que dans le film.

LE TEMPS DES HÉLICES 2016 – Trailer DVD from Eric Mercier on Vimeo.

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