Thibault Gabet a réalisé le film des championnats de France de vol à voile 2015 à Buno-Bonnevaux. Il nous parle de son film et de son métier d’opérateur de drone.

Thibault, tu es un nouveau venu dans la réalisation de film de vol à voile. Peux-tu te présenter ?

thibaultgabet_profil_300x300pxJ’ai 27 ans. Je ne vole pas mais j’ai toujours eu le goût pour l’aviation. J’ai fini mes études en 2014, un master de communication formaté publicitaire. Ayant évolué en entreprise, cloisonné dans des bureaux, je souhaite désormais exercer un métier en plein air. J’ai donc choisi de me professionnaliser dans le drone. Cette activité me permet de compléter mes compétences dans le montage vidéo et ainsi de pouvoir proposer mes services dans la réalisation audiovisuelle.

Comment en es-tu venu à faire ce film sur le championnat de France à Buno ?

Mon frère est pilote remorqueur à Buno. Il m’a prévenu que les championnats de France s’y dérouleraient cette année. Le drone plaisait. Le club était à la recherche d’images de drone. Je me suis proposé à condition de faire les choses dans les règles de l’art. J’ai été étonné du bon accueil. J’ai même senti qu’avec la confiance du club j’aurais pu griller des étapes administratives mais c’est aussi le rôle de l‘opérateur professionnel de sensibiliser son client sur la marche à suivre.

Le championnat de France de Buno a été ma première occasion de me promouvoir et de faire quelque chose de complet avec mes compétences de pilote de drone et mes idées dans la captation d’image. Mon parcours étudiant et professionnel a toujours été lié à l’image.

Quelle école as-tu fait ?

J’ai fait l’école Pôle Paris Alternance, une école du réseau GES. C’est un melting-pot d’écoles qui regroupe des écoles de marketing et de communication. J’y ai fait une spécialisation audiovisuelle.

J’ai un cursus qui me donne accès à tous les métiers de la communication, mais depuis mon plus jeune âge je suis attiré par l’image et la créativité. J’avais le choix. J’ai pu toucher à tout : la production audiovisuelle, la gestion des logiciels de PAO, et ma dernière année à été consacré à la communication digitale ou comme on dit : le web 2.0 ; Conceptualisation de site internet, gestion des réseaux-sociaux… etc.

Tu travailles en solo ?

Oui en revanche mon frère Antoine m’a beaucoup aidé pour le championnat de France de Buno. Il était à la radio pour assurer la sécurité et le bon déroulement des opérations. Mais sinon, je me vends comme ça, solo. Ça m’intéresse de tout faire de A à Z.

Sur le tournage, à quelles difficultés as-tu été confronté ?

La principale difficulté à été de respecter le temps qu’il m’était imparti. Il fallait être synchro avec l’organisation et réussir à capter de belles images. En drone, c’est du one shot ; je n’avais pas la possibilité de faire plusieurs essais. Il fallait réaliser des travellings extrêmement fluides tout en compensant le vent qui atteignait en rafale les 30 km/h.

thibaultgabet_illustration_300x800pxEt comment a répondu la DGAC à une demande de filmer le décollage de 60 planeurs ?

J’ai eu un très bon contact avec l’inspectrice de surveillance qui avait précédemment validé mon MAP (Manuel d’activités particulières) et qui m’a dit ce que je devais faire pour ce genre de prestation. J’ai du rédiger un protocole d’autorisation aérien où l’on énumère les phases. Il faut décrire le projet en fait. La DGAC aime les choses précises.

Quelle aura été ton inspiration pour le film ?

Mon approche consiste à bien retranscrire l’émotion du moment, ne pas déranger et ne pas monopoliser les personnes. J’ai fait en sorte que les gens ne se sont pas occupés de moi. Je n’ai pas gêné la sécurité. Le but était de filmer le moment présent.

Il faut aussi de l’interaction. Dans le cadre de cette vidéo, je me suis fondu dans l’action. Donc après je fais le montage selon mes idées.

As-tu écrit un scénario ?

C’est impossible de story-boarder ce genre de prestation. Ça se fait un peu au feeling. Par exemple l’image du père avec son enfant sur les épaules. Je savais que j’allais l’utiliser en image de fin.

Quelle est la principale difficulté pour filmer les planeurs au sol ?

Capter les planeurs dans les pompes, ça c’était beau. Mais je ne disposais pas d’un objectif assez puissant pour les atteindre.

Les images vu du drone, c’est ce qui fait la force du film…

Forcément car le drone offre une nouvelle perspective d’image. Oui mais je pense que c’est la finalité d’une telle prestation sur site c’est la sécurité. Il faut savoir qu’on ne s’aventure pas avec un drone sans être pro. C’est énormément de responsabilité. C’est un aéronef qu’on pilote à proximité de personnes et au milieu de dizaines de planeurs qui pour certains valent plus de 100 000 euros. Mais c’est un plaisir d’évoluer dans cet environnement magnifique.

Comment capter l’image avec des travellings et en respectant la sécurité ?

Dans la vidéo, il n’y a jamais de survol de personne ou de planeur. Il faut faire séduisant sans être bridé par la sécurité. Et pour ce faire, il faut toujours planifier son vol avant de faire décoller son drone. Ça a été une très bonne expérience de télé pilotage. J’aimerai vraiment que l’on se fonde dans l’image sans que l’on pense c’est un drone. Je vois le drone comme un moyen d’harmonisation.

Retrouvez les travaux de Thibault Gabet sur  Thibaultgabet.com
www.Facebook.com/thibault.gabet
Sa chaîne YouTube: Thibault Gabet

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