C’est une initiative Big Days, pour la première fois, 23 pilotes et instructeurs étaient rassemblés à Buno-Bonnevaux le 22 novembre  2015 pour parler librement de l’usage des caméras d’action en planeur. Voici ce qu’il faut retenir pour filmer et voler en sécurité.

La caméra induit une modification du comportement du pilote et augmente sa charge de travail

Bien que la plupart des pilotes n’en n’aient pas conscience, le fait de filmer, tel qu’il se pratique dans la majorité des cas a des conséquences importantes sur la gestion du vol. Et tout d’abord sur la charge de travail. L’attention du pilote peut-être soustraite par la mise en route ou pas de sa caméra, la recherche de la belle image, du bon cadrage, l’incertitude sur l’autonomie de la batterie interne de sa caméra. Et ma caméra est-elle toujours bien fixée ? Autant de temps de disponibilité de cerveau qui n’est pas consacré à l’acte de pilotage.

Comment font les pilotes de meeting ?

Éric Mercier (Vidéotracks), réalisateur des films du meeting de la Ferté-Alais, présente un contexte très différent mais dont les conclusions doivent éclairer les vélivoles et plus largement tous les pilotes.

Crédit photo Vidéotracks
Crédit photo Vidéotracks

Alors que le pilote de planeur a le temps, celui du pilote de meeting et contraint, réduit et toute son attention doit être consacrée à la présentation. « En meeting, dans le cas d’un avion militaire, les caméras sont fixées par les mécanos sur les conseils du pilote. Pour les autres avions, l’opérateur GoPro fixe la camera AVEC l’accord du pilote ET en sa présence. Ainsi la vérification est faite par deux personnes. Puis on démarre les caméras avant la mise en route du moteur et on les oublie jusqu’à la fin du vol« .

La perspective de se mettre en scène ou de partager ses sensations peut pousser certains individus à exécuter des phases de vol non habituelles, et aller au-delà de ce que ses capacités de pilote lui permettent. En se filmant, un pilote endosse 3 rôles distincts : celui de pilote, celui de cadreur et celui d’acteur, qu’il soit volontaire ou non. Or les acteurs professionnels apprennent à ignorer la caméra pour se concentrer sur leur rôle. Dans le cas du vélivole, il n’est pas question de jouer un rôle, du moins pas encore, mais c’est la modification du comportement qui est mise en évidence.

Mas pourquoi se filme-t-on ? Si la plupart des pilotes veulent partager leur passion pour le vol, il est assez facile de distinguer des utilisations différentes selon que l’on  soit jeune ou adulte. Si l’adulte a le projet de monter un film, l’usage qu’en font les jeunes peut être très différent. Pour eux  la vidéo a remplacé la photo pour se constituer des souvenir. ils ont le portable toujours à portée de main, et comme ils le disent : « il faut vivre avec son temps« .

Quelques préconisations partagées

  • La première mission du pilote est de piloter
  • Dans un biplace, on ne peut intervertir les deux rôles de pilotes et d’opérateur
  • Faire un briefing clair avant le vol, qui fait quoi ?
  • Pas de caméra si le pilote n’est pas titulaire du BPP
  • Bien fixer la caméra
  • On doit oublier la caméra en vol
  • Inclure la caméra et sa fixation dans la visite prévol
  • A bord, la caméra doit être incluse dans le CRIS (assimilée à un instrument)
  • Avoir des batteries de caméra bien chargées ou une batterie auxiliaire puissante.
  • Repérer les bons emplacements pour les bons cadrages AVANT le vol
  • Décrire avant le vol ce que l’on veut filmer pour économiser le nombre de vols et de prises de vues.

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